Vérifier un dossier sans fragiliser la procédure.
En matière d'assurance, une vérification mal conduite ne se contente pas d'être inutile : elle devient une pièce à charge contre celui qui l'a commandée. Nous travaillons dans le cadre exact fixé par le droit fédéral, et nous le documentons dans chaque rapport.
La fraude à l'assurance représente en Suisse un montant considérable, supporté in fine par l'ensemble des assurés. Mais la lutte contre cette fraude s'exerce dans un cadre juridique devenu très précis, et pour de bonnes raisons : elle touche à la sphère privée de personnes qui, dans l'immense majorité des cas, sont de bonne foi.
Notre rôle n'est pas de confirmer un soupçon. Il est d'établir des faits, dans un sens comme dans l'autre. Un rapport qui conclut à l'absence d'anomalie a autant de valeur pour un assureur qu'un rapport qui en révèle une : il clôt le dossier proprement.
Le cadre légal, expliqué simplement
En 2016, la Cour européenne des droits de l'homme a jugé que le droit suisse ne comportait pas de base légale suffisante pour l'observation d'assurés par les assurances sociales. Le législateur a répondu en introduisant l'art. 43a LPGA, approuvé en votation populaire le 25 novembre 2018 par 64,7 % des votants, et entré en vigueur le 1er octobre 2019.
Ce texte fixe des limites strictes. Les retenir évite bien des erreurs coûteuses :
- Des indices concrets doivent laisser présumer qu'un assuré perçoit ou tente de percevoir des prestations indues. Un simple pressentiment ne suffit pas.
- L'instruction doit être vouée à l'échec ou excessivement difficile sans l'observation. C'est une mesure subsidiaire, pas un réflexe.
- L'observation se limite aux lieux librement accessibles. L'intérieur d'un logement, un jardin clos ou une cour privée protégée en sont exclus.
- Elle ne peut excéder 30 jours d'observation sur une période de six mois, prolongeable à des conditions définies.
- L'assuré doit être informé du motif, de la nature et de la durée de l'observation, au plus tard avant que l'assureur ne rende sa décision.
- Le recours à des spécialistes externes, dont des enquêteurs privés, est expressément prévu.
Lancer une observation sur la base d'une intuition, sans avoir constitué au préalable le faisceau d'indices concrets exigé par la loi.
Le résultat est prévisible : la mesure est jugée disproportionnée, le moyen de preuve est écarté, et la procédure se retourne contre l'assureur. C'est pourquoi nous commençons systématiquement par la phase documentaire, avant toute présence sur le terrain.
Nos prestations
Analyse préalable en sources ouvertes
C'est notre point d'entrée sur presque tous les dossiers, et souvent le seul dont vous aurez besoin. Recherche documentaire sur l'activité publique déclarée de la personne, ses inscriptions au registre du commerce, ses annonces professionnelles, sa présence associative ou sportive, la cohérence entre les capacités déclarées et les activités visibles publiquement.
Cette phase est rapide, peu coûteuse, sans aucune intrusion. Elle produit soit le faisceau d'indices concrets qui justifie la suite, soit la démonstration qu'il n'y a rien, ce qui vous évite d'engager une observation contestable.
Recherche d'activité lucrative non déclarée
Le cas le plus fréquent. Une personne en incapacité qui exerce en parallèle une activité rémunérée, souvent visible dans des annonces, des inscriptions professionnelles ou des mentions publiques que personne n'a pris le temps de rapprocher.
Vérification de déclaration de sinistre
Cohérence entre les circonstances déclarées et les éléments objectivables : chronologie, conditions du sinistre, antécédents, existence réelle des biens déclarés, historique du réclamant.
Observation encadrée
Lorsque les conditions de l'art. 43a LPGA sont réunies et que le mandant en assume la décision, nous procédons à une observation strictement limitée aux lieux librement accessibles, avec un journal d'observation horodaté indiquant les périodes couvertes, les moyens utilisés et les périodes sans observation.
Chacun de nos rapports comporte une section consacrée aux limites de l'enquête et aux interprétations alternatives possibles des faits observés.
Ce n'est pas une précaution rhétorique. C'est ce qui distingue un rapport que la partie adverse démonte en audience d'un rapport qu'elle ne peut qu'accepter comme point de départ de la discussion.
Pour qui
| Mandant | Besoin typique |
|---|---|
| Assureurs et caisses | Vérification avant décision, constitution du faisceau d'indices, appui en procédure |
| Employeurs | Doute sur une incapacité de travail de longue durée, activité concurrente pendant l'arrêt |
| Avocats | Contre expertise d'un rapport adverse, recherche de pièces pour la défense de l'assuré |
| Assurés | Contestation d'une observation dont ils ont fait l'objet, vérification de sa régularité |
Ce dernier point mérite d'être souligné. Nous acceptons des mandats des deux côtés. Un assuré qui estime avoir été observé hors du cadre légal a besoin, lui aussi, d'un rapport technique démontrant l'irrégularité de la mesure.
Tarifs
| Prestation | Délai indicatif | Tarif |
|---|---|---|
| Analyse préalable en sources ouvertes | 3 à 5 jours | dès CHF 750 au forfait |
| Recherche d'activité non déclarée | 5 à 10 jours | dès CHF 1 400 au forfait |
| Vérification de sinistre | sur devis | sur devis |
| Observation encadrée | selon mandat | CHF 100 à 160 / heure et par enquêteur |
| Analyse de régularité d'une observation | 3 à 7 jours | dès CHF 900 |
Tarifs dégressifs pour les mandats récurrents et conventions annuelles pour les assureurs et les études d'avocats. Détail complet sur la page tarifs.
Questions fréquentes
Un employeur peut il faire observer un collaborateur en arrêt maladie ?
La situation est différente de celle des assurances sociales : l'art. 43a LPGA vise les assureurs sociaux, pas les employeurs. Un employeur agit sur le terrain du droit du travail et de la protection de la personnalité, où la pesée des intérêts est appréciée au cas par cas par le juge.
En pratique, cela impose une prudence supérieure et rend la phase documentaire d'autant plus importante. Nous examinons systématiquement la faisabilité juridique avant d'accepter ce type de mandat, et nous recommandons de le faire en coordination avec votre conseil.
Peut on observer quelqu'un chez lui ?
Non. L'art. 43a LPGA exclut expressément l'intérieur d'un logement, ainsi que les jardins et cours privés protégés des regards. Une observation qui franchit cette limite rend la preuve inexploitable et expose son auteur pénalement.
Combien de temps une observation peut elle durer ?
Trente jours d'observation au maximum sur une période de six mois. Cette période peut être prolongée de six mois supplémentaires au plus si des motifs suffisants le justifient. Le décompte porte sur les jours durant lesquels une observation a effectivement eu lieu, ce qui suppose un journal rigoureux, que nous tenons systématiquement.
L'assuré sera t il informé ?
Oui. La loi impose que l'assuré soit informé du motif, de la nature et de la durée de l'observation, au plus tard avant que l'assureur ne rende sa décision. L'information est différée, pas supprimée. Nos rapports sont rédigés en tenant compte de cette communication future.
Un dossier à vérifier avant de décider ?
Nous évaluons gratuitement la faisabilité et la solidité juridique de la démarche, avant tout engagement de votre part.
Prendre contact →